Journal intime

Un livre de Guy Cabanel
avec des dessins de
Jean Terrossian
ISSN 2100-3246
ISBN 978-2-911917-71-59-2
72 pages
12 €

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Sur l’auteur

Guy Cabanel a participé dès 1958 aux activités du groupe surréaliste avec son ami Robert Lagarde qui illustre son premier ouvrage, À l’Animal noir. Ce recueil fut accueilli par André Breton en ces termes : « Ce langage, le vôtre, est celui pour lequel je garde à jamais le coeur de mon oreille. C’est celui dont j’ai attendu qu’il ouvre de nouvelles communications, vraiment sans prix et comme par voie d’étincelles, entre les êtres. » Depuis, Cabanel a publié et collaboré avec de nombreux artistes (Jorge Camacho, Adrien Dax, Jacques Lacomblez, Georges-Henri Morin, Mimi Parent, Jean-Claude Silbermann, Jean Terrossian, Toyen…).
Guy Cabanel – Wikipedia
Guy Cabanel – Site Les hommes sans épaules

Jean Terrossian est né en 1931, il participe aux activités du groupe surréaliste à partir de 1961. «Sa peinture, écrit Gérard Durozoi, est d’abord allusive, porteuse de quelques objets repérables. Mais à partir de 1967, elle s’oriente franchement vers la figuration. Inscrits dans un espace complexe où s’affirment pans coupés et reflets, des objets très reconnaissables sont disposés selon des échelles variables, tandis que mots ou formules, pointillés et fléchages scandent la surface et offrent des occasions de multiples dérives à sa pensée. Exposant rarement, Terrossian glisse les fantasmes à l’abri de ses compositions et, sans les expliciter, ils les met à disposition de tout un chacun. Ce mouvement de révélation-revoilement n’est pas sans évoquer Magritte, mais il s’agit d’un Magritte qui aurait entrepris de combler par exemple les lacunes du Pop Art américain.» (Histoire du mouvement surréaliste, Hazan, 1997.).

Extrait

Une petite chambre très pauvre meublée de deux chaises et d’un lit de bois très haut avec un édredon rouge. Un homme épuisé de fatigue pénètre dans la pièce, monte sur une chaise et de là grimpe sur le lit, mais ne parvient pas à s’endormir. Il me semble que cet homme et moi ne faisons qu’un, mais je ne puis m’identifier totalement à lui. Un mal de tête tenace me maintient entre inconscience et conscience.
Brusquement la cloison s’ouvre et se referme. Une estafette vient m’ordonner de partir immédiatement pour une mission lointaine. Aussitôt l’homme fatigué s’enfonce dans la nuit. Et moi qui étais lui, je reste.
Dès son départ, la chambre change d’aspect complètement. C’est un vaste salon aristocratique. Dégustant quelques liqueurs, une élégante compagnie y échange des propos mondains. L’homme fatigué, déjà de retour, se tient dans un coin. Entre ces gens et moi, une hostilité s’est nouée. Moi seul entends le cri funèbre d’une trompe. Du balcon je peux voir un grand remous de foule d’où surgit une grosse voiture noire. Une femme vêtue de noir est assise au fond. À côté d’elle un homme d’allure noble et de taille gigantesque, mais tout noir, se tient debout. Les gens effrayés fuient ou meurent. Je crie : «Le prince de la Mort !» Mais personne ne m’écoute..

Critique(s)

Notes et chroniques (17 mai 2015)

Surrealismo internacional (2 septembre 2015)

Du même auteur chez Ab irato

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