Jindřich Štyrský – Poésie

Jindřich Štyrský,
Poésie
Poésie tchèque / édition bilingue
ISBN 978-2-911917-71-2
15 € / 86 pages

+ 2€ de partage des
frais d’envoi

Jindřich Štyrský est né en 1899 à Cermna (Autriche-Hongrie) et décédé en 1942 à Prague, en Tchécoslovaquie. Peintre, photographe, poète et théoricien, c’est l’un des cofondateurs (1934) et une figure majeure du groupe surréalisme tchèque de l’entre-deux guerres. En même temps que son amie la peintre Toyen, il a participé aux activités de l’association Devětsil, et en 1926, à Paris, avec Toyen, lancé un « isme » original : l’artificialisme.

EVENEMENT – Il s’agit de la première édition en français
d’un livre de Jindřich Štyrský, qui plus est en édition bilingue.
La traduction et la présentation sont de Petr Král.

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Balthazar Kaplan – Nuit polaire .

Balthazar Kaplan,
Nuit polaire
Polar / Anticipation
ISBN 978-2-911917-77-6
23 € / 290 pages

+ 2€ de partage des
frais d’envoi

Nuit polaire est un thriller qui se passe en Antarctique, dans un futur proche, aux alentours de 2040. L’enquête d’Apollon Maubrey sur la disparition mystérieuse d’un homme emmène les lectrices et lecteurs au croisement
d’enjeux scientifiques, géopolitiques et écologiques que nul n’aurait imaginé vingt ans plus tôt.

Le récit évolue dans l’espace dangereux et confiné des bases polaires et celui sauvage du continent antarctique.

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Alain Joubert, entre les lignes le cœur (décembre 2020)

Article de Pierre Vandrepote sur L’Autre côté des nuages d’Alain Joubert (Ab irato, 2020), paru sur le site Poésie et peinture, l’impensé imaginaire en décembre 2O2O.

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Enfance d’un poète qui ne s’est jamais pris pour un grand « pohète », à l’inverse de tant d’autres :
« Non, ce qui m’amusait, ce qui séduisait mes oreilles aux aguets, c’était le bruit des mots, la sonorité des syllabes, le choc des dentales, le sifflement des sifflantes, le rythme des phrases, la violence ou la douceur avec laquelle on les prononçait… »
L’enfant a grandi, enfin il a su aussi rester enfant, mais comme on dit, il a grandi. Il a aimé, il a gardé sa révolte, il a gardé son « noir », son désespoir et son espoir, ses espoirs, ses bonheurs, sa colère, la face inconnue de ses nuages :
« et l’homme-oiseau ne fit
ni une
ni deux
il fit tout simplement
le tour de lui-même
le tour du noir qui l’habitait
de sa mémoire noire
et à coups de bec et de pieds
il fit voler le spectre
en éclats
et toutes les couleurs
se répandirent en lui
et hors de lui
et l’aurore se sentit soudain
boréale »

L’oiseau donc vint à naître non sans vivacité. Prêt à rêver le monde, mais comme il n’était guère; amant de la beauté, mais ulcéré par l’injustice; amoureux de vivre et pourtant se méfiant de ce dont sont capables les humains, nos chers semblables. Il paraît qu’il faut apprendre, par exemple la patience :
« Rentrer en soi pour sortir à pas de loup. »

Difficile de se débarrasser du noir, d’autant que parfois il sied si bien. J’ai connu Alain Joubert tout de noir vêtu. Sa blondeur. La liberté des contradictions. On n’y insistera jamais assez. Le temps, la mort du temps; et si cela s’appelait l’instant ? Le jeune surréaliste qu’il est n’aime pas mettre sa poésie en avant, mais son désir d’un autre « être ensemble » est là, qui toujours affleure :
« L’élan des amis qui dansent 
Fait battre la paupière de l’amour
Crispe le sang
Et ruine les glaciers ardents »

Lire la suite de l’article de Pierre Vandrepote sur le site Poésie et peinture, l’impensé imaginaire
Tout savoir sur L’Autre côté des nuages d’Alain Joubert

L’Autre côté des nuages d’Alain Joubert, dans En attendant Nadeau (novembre 2020)

Collages et vérités cachées

François-René Simon, En attendant Nadeau, 18 novembre 2020

Alain Joubert, vous le fréquentez depuis plus d’un demi-siècle, vous croyez le connaître, vous avez lu et approuvé tout ce qu’il a publié ici, là, et même ailleurs, confidentiellement d’abord, ouvertement ensuite ! Et puis voilà que vous arrive un petit objet rectangulaire plein de poésie et même de… poèmes ! Ce n’est pas que vous n’en croyiez pas vos yeux, mais la surprise est grande.
Certes, vous connaissez l’hommage d’Alain Joubert à Joyce Mansour publié par son ami et poète trop méconnu Pierre Peuchmaurd (à qui est dédié « Parce que c’était lui », une déclaration d’amitié montaigneuse), vous connaissez aussi cette « traduction optique », avec sa chère Nicole, des œuvres du Tchèque Roman Erben. Vous connaissez même sa réponse à l’enquête menée au lendemain de l’autodissolution parisienne du mouvement surréaliste (« Manomètre », dans Rien ou quoi ?, 1969). Mais il s’agissait en l’occurrence d’une mise à la ligne de la prose, pour mieux faire ressentir la mise au point.g qu’elle exprimait (l’écriture inclusive peut inclure d’autres notions que le genre).
Mais, d’abord, la question du titre, si chère à l’auteur. L’autre côté des nuages est une invitation au merveilleux inconnu et sans doute aussi un petit clin d’œil à l’écrivain et dessinateur Alfred Kubin, auteur d’un conte onirique intitulé précisément L’autre côté, en même temps qu’un clin du second œil adressé par le cinéphile Joubert au Nosferatu de Murnau et à son cartouche tant prisé des surréalistes : « Quand il fut de l’autre côté du pont, les fantômes vinrent à sa rencontre »
Sans parler du légendaire L’autre côté du miroir qu’on pourrait faire suivre de et ce qu’Alain, et non Alice, y trouva. Voilà que, dès le titre, nous sommes invités à franchir le mur du rationnel et à nous émerveiller du pouvoir des mots, de ce qu’ils charrient de sens et de sons, de leur faculté à s’immiscer dans les failles insoupçonnées du réel. « Les merveilleux nuages » chers à Baudelaire ne sont en fait que des portes à ouvrir dans le ciel de la poésie (Magritte aurait pu rendre visuelle, c’est-à-dire réelle, cette opération).

+ 2€ de partage des frais d’envoi

Lormain de Manuel Anceau et L’Autre côté des nuages à Chroniques rebelles (Radio libertaire) – Samedi 3 octobre 2020, 13h30

Samedi 3 octobre 2020 à 13h30
De l’autre côté des nuages
d’Alain Joubert (éditions Ab Irato)
Lormain
de Manuel Manceau (Ab Irato) 

Entretien avec Alain Joubert, Manuel Manceau et les éditions Ab irato… Entretien ponctué de lectures d’extraits des livres par Nicolas Mourer…

En fin de chroniques, il sera question de cinéma
deux films sur les écrans le 7 octobre :
Maternal de Maura Delpero (7 octobre 2020)
Yalda. La nuit du pardon de Massoud Bakhshi (7 octobre 2020)

http://chroniques-rebelles.info/spip.php?article1

Alain Joubert – L’Autre côté des nuages

Alain Joubert,
L’Autre côté des nuages
avec des dessins de Georges-Henri Morin
Ab irato, 2020,
ISBN 978-2-911917-75-2
16 € / 126 pages

+ 2€ de partage des frais d’envoi

Alain Joubert – a découvert le surréalisme en 1952 et a participé dès lors à toutes les activités surréalistes jusqu’à l’autodissolution du groupe en 1969. Il avait été frappé au sein du groupe du fait que les jeunes surréalistes se croyaient tenus de brandir un ou deux poèmes pour tout viatique. Pour pallier à une véritable inflation poétique, il décidait de ne pas montrer au groupe ses poèmes. L’essentiel de son activité consistant dès lors en réflexions théorique et politique, courts pamphlets, essais portant sur la nature du théâtre et du cinéma ; mais pas de poèmes… L’Autre côté des nuages réunit pour la première fois l’ensemble de son œuvre poétique, inédite pour l’essentiel.

EXTRAITS
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L’Echaudée n°9 en téléchargement gratuit

L’Échaudée n°9

Contre culture – Critique sociale – utopie

Par ces temps de naufrage prévu, organisé, où mafieux et dépeceurs se frottent les mains, lors même qu’on décapite (comme toujours) à qui mieux mieux les gardiens de phare, l’Échaudée est ce canot où morts et vivants rament de concert, souquent et halètent – pirates de haute moralité bien sûr, révoltés qui ne se résignent pas, ou simples amoureux des vagues hautes et belles, brodant d’écume vivante leur séjour ici-bas

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(3.7 Mo)

L’Echaudée n°9 : revigorant ! (site Entrevues, avril 2020)

L’Échaudée n° 9 : revigorant !

Organe de « Contre culture – Critique sociale – utopie », L’Échaudée est de ces revues militantes qui ont refleuri depuis quelques années parce que les choses, lit-on, doivent changer. Elles le doivent, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent empêcher ce mouvement, tandis qu’il leur faut, moralement, admettre la faillite d’une logique du monde qui va s’effacer au profit d’un nouvel ordre, d’où la présence de cette nécessaire « utopie » en dernière position du sous-titre. Mais il faut mettre du combustible dans la machine pour qu’elle avance — il faut donc mobiliser les bonnes volontés pour construire cette culture de la révolte qui n’est certes pas celle du Marais politique, lequel n’en a pas.

Justement échaudée par l’expérience passée, et parfois très récente, la rédaction de la revue file pour nous expliquer sa position la métaphore maritime : « Par ces temps de naufrage prévu, organisé, où mafieux et dépeceurs se frottent les mains, lors même qu’on décapite (comme toujours) à qui mieux mieux les gardiens de phare, l’Échaudée est ce canot où morts et vivants rament de concert, souquent et halètent – pirates de haute moralité bien sûr, révoltés qui ne se résignent pas, ou simples amoureux des vagues hautes et belles, brodant d’écume vivante leur séjour ici-bas. »

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« L’Echaudée : revue de critique totale » (InfoLibertaire, février 2019)

L’Echaudée : revue de critique totale

Si une revue politique n’est pas elle-même l’espace d’expérimentation qu’elle se donne comme objet à penser, alors comment pourrions-nous croire en la sincérité de sa vision politique ?

***

L’Échaudée, comme si peu de revues, au fond, commence par échapper aux formules de la revue politique pour s’attaquer à un monde désastreusement formulé. Et comme nul ne sait mieux que l’âne où le bât le blesse, laissons Barthélémy et Ève nous parler de leur revue :

« L’Échaudée est une revue non marchande qui est diffusée en librairie, c’est-à-dire que nous ne cherchons pas à produire des bénéfices pour améliorer le sort de ceux qui l’animent. Les ventes servent à éditer les livres d’Ab irato et les numéros de la revue. C’est banal pour la plupart des revues et des micro éditeurs, mais c’est toujours mieux en le disant. Nous mélangeons dans L’Échaudée l’approche poétique, qu’elle s’exprime par des textes ou des images, et la critique du monde. Nous approchons les contributions par analogie, de thème, de démarche, de forme. Nous misons sur l’intelligence des lecteurs : à chacun de trouver ce qui l’intéresse. De la même façon, nous n’avons publié aucun éditorial dans L’Échaudée. Plutôt que les déclarations proclamatoires qui n’engagent que ceux qui les lisent (comme dirait l’autre), nous préférons que les lecteurs se fassent eux-mêmes une idée de L’Échaudée.

(…)

InfoLibertaire, 22 février 2019

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L’Echaudée n°9 – En librairie le 12 décembre 2019

L’Échaudée
Contre culture – Critique sociale – utopie

Automne-hiver 2019 – 9 euros – Abonnement pour trois n° : 32 euros.

Par ces temps de naufrage prévu, organisé, où mafieux et dépeceurs se frottent les mains, lors même qu’on décapite (comme toujours) à qui mieux mieux les gardiens de phare, l’Échaudée est ce canot où morts et vivants rament de concert, souquent et halètent – pirates de haute moralité bien sûr, révoltés qui ne se résignent pas, ou simples amoureux des vagues hautes et belles, brodant d’écume vivante leur séjour ici-bas.

L’Échaudée s’intéresse dans ce numéro :

Aux révoltes intenses et communicatives qui emplissent les rues

  • Les mots jaunes : Petit abécédaire désordonné en l’honneur des Gilets jaunes (par Jean-Luc Sahagian),
  • Deuil, exil et mélancolie – Note de lecture sur le livre Dédicaces. Un exil libertaire espagnol 1939-1945, Freddy Gomez (par Américo Nunes),
  • Ricardo Flores Magón, le rêveur éveillé – Note de lecture sur Ricardo Flores Magón, un itinéraire libertaire dans les révolutions du Mexique, un livre d’Américo Nunes (par Freddy Gomez),
  • La mort poursuivant le troupeau des humains (par James Ensor),
  • L’époque en question : Le fascisme qui vient ? (par Amaredine Mudejar),
  • Peter Rambauseck et l’histoire de la gauche radicale en Allemagne des années 1960-2010 (par Les Ami-e-s de la société sans classe).

A la grande bibliothèque des maudits écrits :

  • Dernières nouvelles de l’aliénation : Et si on était trop jeune pour vivre vieux ? (par Joel Gayraud),
  • Comment devenir surréaliste en attrapant le désir par la queue (Alain Joubert) ;
  • Douze poèmes pour s’inscrire dans le paysage (p.51) ;
  • Grotte à os, qu’allait-elle faire dans ces profondeurs ? (p.58) ;
  • Des petits métiers et des grands gestes : ne trouver rien à redire au retourneur de compliment (p.66).

Au cabinet des curiosités imagées :

  • Qu’y a-t-il derrière la porte, où mène cette tombe par-delà la palissade ? (Christel Bertet) ;
  • Assis près d’un arbre, quel étrange rendez-vous (Eve Mairot) ;
  • Comix, bulles et baptême de l’air (Barthélémy Schwartz) ;
  • Jamais rien de plus ni de moins qu’arracher des mains (LL de Mars) ;
  • Les grandes inventions (Père Ubu).

Voir un aperçu du numéro (extraits) :
https://issuu.com/abiratoeditions/docs/l-echaude-9_issuu-compressed

Commander le numéro / s’abonner via PayPal :
https://abiratoeditions.wordpress.com/commander-un-livre-un-numero-de-lechaudee/
ou par chèque via ce bulletin !

 

Pour nous contacter, c’est ici !

Guy Cabanel / Mireille Cangardel – Les Charmes du chaos

Les Charmes
du chaos

Un livre de
Guy Cabanel et
Mireille Cangardel

ISBN 978-2-911917-73-8
126 pages, 14×20 cm
en couleurs

15 euros

PayPal Logo

15 €

(+ 2€ de partage frais d’envoi)

Genre : Poésie

Les auteurs :
Guy Cabanel a participé dès 1958 aux activités du groupe surréaliste avec son ami Robert Lagarde qui illustre son premier ouvrage, À l’Animal noir. Ce recueil fut accueilli par André Breton en ces termes : « Ce langage, le vôtre, est celui pour lequel je garde à jamais le coeur de mon oreille. C’est celui dont j’ai attendu qu’il ouvre de nouvelles communications, vraiment sans prix et comme par voie d’étincelles, entre les êtres. » Depuis, Cabanel a publié et collaboré avec de nombreux artistes (Jorge Camacho, Adrien Dax, Jacques Lacomblez, Georges-Henri Morin, Mimi Parent, Jean-Claude Silbermann, Jean Terrossian, Toyen…).

Mireille Cangardel est née à Toulouse, parallèlement à son activité de professeure d’arts plastiques, elle a exposé ses œuvres, entre autres, à Paris, Barcelone, Perpignan, au Luxembourg, au Québec et dans la région de Toulouse où elle demeure.

Le livre :
Avec Les Charmes du chaos s’ouvre une nouvelle collaboration, celle du poète Guy Cabanel et de la peintre Mireillle Cangardel qui ne cache pas sa sympathie envers le surréalisme. Dès son plus jeune âge, celle-ci a connu le plaisir de peindre et n’a jamais cessé de s’y adonner. Loin d’imposer à son pinceau une quelconque direction, elle le laisse aller à sa guise, lui permettant ainsi de découvrir les merveilles d’un monde intérieur à la fois voluptueux, inquiétant et sublime. Cabanel, qui très tôt a reconnu dans son œuvre un monde commun au sien, ainsi qu’une inspiration et une ce qui dans son œuvre le touchait au-delà de l’œil.■


Lormain, de Manuel Anceau sur Radio Paludes (07-2019)

Émission Paludes 906 du vendredi 5 juillet 2019

Arrache-coeur 677 était consacré à trois livres : La caverne vide de Dimana TRANKOVA (Intervalles, 2019), Lormain de Manuel ANCEAU (Ab Irato, 2019) et Dos au soleil de Frédérique GERMANAUD (Le Réalgar, 2019).

Ecouter la partie consacré à Lormain de Manuel Anceau (mp3)

Manuel Anceau – Lormain

Manuel Anceau,
Lormain

.
ISBN 978-2-911917-71-4
218 pages
16 €

(+ 2€ de partage des frais d’envoi)

Genre : Littérature

L’auteur : Manuel Anceau. Né en 1970, Manuel Anceau vit à Paris. Il a publié Livaine en 2018 chez Ab irato, ainsi que L’Enchantement en 1995 et le Calendrier des marées, avec des collages de Pierre Rojanski, en 1996 aux éditions La Maison de verre

Lormain est le deuxième recueil de nouvelles de Manuel Anceau édité chez Ab irato. Il en réunit dix-huit.
Son titre est emprunté, comme le précédent recueil, Livaine, à une des nouvelles du livre et en est, en quelque sorte, le pendant masculin. Manuel Anceau préfère le terme de conte à celui de nouvelle, car il permet d’engendrer l’imaginaire loin des visées purement réalistes. Pour lui, le conte, très modeste dans l’écriture, reste très ambitieux dans ce qu’il veut dire et s’ouvre aux rêves. Les « contes » d’Anceau semblent, en effet, souvent faire écho à un certain nombre de souvenirs où réel et imaginaire se répondent. Certains contes restent très ancrés dans la réalité tandis que d’autres oscillent continuellement entre réalité et songe.

Les thèmes de la solitude, de la perte, de la mise à l’écart sont récurrents chez l’auteur. La plupart de ses protagonistes sont traversés par la souffrance aiguë causée par la perte d’un bonheur ou par la fuite du temps qui les en éloigne davantage. Un mystère s’instaure souvent dès les premières lignes et maintient le lecteur dans l’attente de son éclaircissement, dévoilement qui progresse lentement au fil de ruptures, de flash back explicatifs et de parenthèses. Souvent, le fantastique intervient auprès des personnages comme un élément salvateur qui les délivre de leur souffrance.

Publico – jeudi 20/06 – Présentation du livre d’Américo Nunes sur Ricardo Flores Magón, et projection de la « Fragile Armada » sur le mouvement zapatiste (2002)

Librairie Publico – Jeudi 20 juin 2019 à 19h30 :
Présentation du livre d’Américo Nunes « Ricardo Flores Magón, une utopie libertaire dans les Révolutions du Mexique » suivi de la projection du film la « Fragile Armada » de Joani Hocquenghem & JC Kebadian sur le mouvement Zapatiste (2002).
En présence d’Américo Nunes, Jean-Claude Kebadian et Claire Auzias.
Où ? 145 rue Amelot (Paris 11e).

« Ricardo Flores Magón, le rêveur en éveil » (A Contretemps, 13 juin 2019)

« Ce livre, nous prévient d’entrée Américo Nunes, n’est pas une « biographie historique » de Ricardo Flores Magón (1873-1922), mais un « essai politique » sur un acteur emblématique d’un moment inaugural « proprement communiste » qui, de 1900 à 1912 et traversant diverses phases, travailla, sur le front d’un peuple du Mexique fait de divers peuples, à réaliser, dans l’imaginaire et dans la pratique, la « confluence entre révolution paysanne et révolution ouvrière ». Et c’est bien de cela dont il s’agit : une impressionnante plongée historico-critique dans l’imaginaire politique et sensible d’un des personnages les plus profonds et les plus ignorés d’une époque où, en terre mexicaine, la guerre des pauvres accoucha de géants.

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Une histoire faite de plusieurs histoires

Fin connaisseur de cette histoire du Mexique insurgé, l’auteur avait, dans un précédent ouvrage [Les Révolutions du Mexique, Ab irato, 2009], brillamment défendu la thèse que ladite révolution mexicaine n’était saisissable que dans sa multiplicité, dans cette constellation d’imbrications des origines qui, sur le temps long et dans un espace historique, géographique et sensible donné, favorisa ou empêcha la convergence de poussées émancipatrices, complémentaires ou contradictoires selon les cas. La grande originalité de son approche, notions-nous alors, pouvait se résumer à deux points : d’une part, la perspective qu’il adoptait, celle des vaincus, si chère à Walter Benjamin ; d’autre part, une lecture du temps et de l’espace de ces « révolutions » mexicaines désencombrée de toute simplification abusive et postulant, plus largement, la pluralité et la complexité des phénomènes révolutionnaires. C’est ainsi que l’auteur affirmait, en marxien conséquent, que ces phénomènes avaient mis en branle des groupes sociaux très différents et porteurs d’intérêts radicalement antagonistes. Au fil du temps, ces groupes conjuguèrent leurs efforts – contre Porfirio Díaz (1830-1915), d’abord, puis contre Victoriano Huerta (1850-1916) – avant de s’affronter au très contrasté mouvement révolutionnaire mexicain dans une guerre civile interne s’achevant, le 1er mai 1917, par la victoire – provisoire – de Venustiano Carranza (1859-1920). Cette approche d’Américo Nunes, qu’il assumait au passage comme gramscienne, avait pour principal mérite de dépasser les clivages interprétatifs traditionnels. Cette révolution, nous disait-il, fut surtout paradoxale, tout à la fois libérale et socialiste, populaire et petite-bourgeoise, agraire et urbaine, restauratrice et moderniste. Elle libéra des forces authentiquement révolutionnaires – zapatistes, villistes, magonistes – qui, elles-mêmes, furent incapables de surmonter leurs propres différences sociales entre paysans-prolétaires, ouvriers de métier et prolétaires industriels. Au terme d’une lutte acharnée, concluait Américo Nunes, anarchiste de cœur pour le coup, la révolution, devenue « une », se militarisa, s’étatisa, mettant un terme, de manière violente, au processus révolutionnaire. En face restèrent les vaincus, ceux qui avaient rêvé de terre et de liberté, avec Emiliano Zapata et Ricardo Flores Magón, ces vaincus dont l’histoire, faite toujours de plusieurs histoires, est infiniment susceptible de « venir trouer la trame linéaire du Temps ». Car, comme l’écrivit Gustav Landauer, « lorsqu’une révolution éclate à nouveau, elle se souvient généralement de tous ses ancêtres » (La Révolution, 1907) qu’elle convoque, sans même le savoir le plus souvent, au nouveau banquet de l’histoire. […]  »

Lire l’article complet sur le site A Contretemps

Freddy Gomez
A Contretemps

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