Ab irato éditions

Par un mouvement de colère

Guy Cabanel / Jean Terrossian – Journal intime

Guy Cabanel
Journal intime
avec des dessins de
Jean Terrossian

ISBN 978-2-911917-59-2
ISSN 2100-3246
72 pages, 12 euros

Genre : Poétique
Mots clés : rêve, étrangeté, altérité.
Auteurs : Guy Cabanel a participé dès 1958 aux activités du mouvement surréaliste avec son ami Robert Lagarde, qui illustre son premier ouvrage, À l’Animal Noir. Parmi ses dernières publications : Le Verbe flottant (Quadri, 2006), Soleils d’ombre sur des photographies de Jorge Camacho (Quadri, 2009), Dans la roue du paon (Les Hauts-Fonds, 2009), Hommage à l’Amiral Leblanc (Ab irato, 2009), l’Ivresse des tombes (Ab irato, 2011), Chants d’autres mémoires (éd. des deux corps, 2012), Les chemins qui zigzaguent (Sonambula, 2013).

Consulter la notice de Guy Cabanel sur Wikipedia .


Jean Terrossian est né en 1931, il participe aux activités du groupe
surréaliste à partir de 1961. «Sa peinture, écrit Gérard Durozoi, est d’abord allusive, porteuse de quelques objets repérables. Mais à partir de 1967, elle s’oriente franchement vers la figuration. Inscrits dans un espace complexe où s’affirment pans coupés et reflets, des objets très reconnaissables sont disposés selon des échelles variables, tandis que mots ou formules, pointillés et fléchages scandent la surface et offrent des occasions de multiples dérives à sa pensée. Exposant rarement, Terrossian glisse les fantasmes à l’abri de ses compositions et, sans les expliciter, ils les met à disposition de tout un chacun. Ce mouvement de révélation-revoilement n’est pas sans évoquer Magritte, mais il s’agit d’un Magritte qui aurait entrepris de combler par exemple les
lacunes du Pop Art américain
(Histoire du mouvement surréaliste, Hazan, 1997.).

Le livre : C’est le troisième livre de Guy Cabanel aux éditions Ab irato (Hommage à l’Amiral Leblanc, 2009, l’Ivresse des tombes, 2011), et c’est la deuxième collaboration du poète avec le peintre Jean Terrossian (Quinquets, 1997).

Extrait

Une petite chambre très pauvre meublée de deux chaises et d’un lit de bois très haut avec un édredon rouge. Un homme épuisé de fatigue pénètre dans la pièce, monte sur une chaise et de là grimpe sur le lit, mais ne parvient pas à s’endormir. Il me semble que cet homme et moi ne faisons qu’un, mais je ne puis m’identifier totalement à lui. Un mal de tête tenace me maintient entre inconscience et conscience.
Brusquement la cloison s’ouvre et se referme. Une estafette vient m’ordonner de partir immédiatement pour une mission lointaine. Aussitôt l’homme fatigué s’enfonce dans la nuit. Et moi qui étais lui, je reste.
Dès son départ, la chambre change d’aspect complètement. C’est un vaste salon aristocratique. Dégustant quelques liqueurs, une élégante compagnie y échange des propos mondains. L’homme fatigué, déjà de retour, se tient dans un coin. Entre ces gens et moi, une hostilité s’est nouée. Moi seul entends le cri funèbre d’une trompe. Du balcon je peux voir un grand remous de foule d’où surgit une grosse voiture noire. Une femme vêtue de noir est assise au fond. À côté d’elle un homme d’allure noble et de taille gigantesque, mais tout noir, se tient debout. Les gens effrayés fuient ou meurent. Je crie : «Le prince de la Mort !» Mais personne ne m’écoute..
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Written by barthelemybs

4 mars 2015 à 9 h 30 min

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