Jacques Abeille – Brune esclave de la lenteur

Jacques Abeille,
Brune esclave de la lenteur
avec des illustrations de l’auteur
.
ISBN 978-2-911917-62-2
74 pages
12 €

(+ 2€ de partage des frais d’envoi)

Genre : Poésie
Mots clés : Altérité – barbare – écriture – étreinte – Lune – nuit – sauvagerie – sensualité – signe – trace.

L’auteur : Jacques Abeille est né à Lyon en 1942, il vit à Bordeaux depuis plus d’un demi-siècle. Il a commencé à participer aux activités surréalistes en 1964 et n’en a jamais démordu. Ses principaux romans – Les Jardins statuaires, Les Mers perdues, Les Barbares, La Barbarie – publiés aux éditions Attila constituent un cycle de contes fantaisistes. On trouve aux éditions des Vanneaux un ensemble de proses plus ou moins brisées (D’Ombre) accompagnées d’encres de Pauline A. Berneron.
Sous le pseudonyme de Léo Barthe, l’auteur a également commis quelques livres érotiques.

Sur Brune esclave de la lenteur
Cahier critique de poésie, par Jean-Pascal Dubost (novembre 2014)

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Jacques Abeille est réputé pour appartenir à la gent styliste des écrivains, pour apporter un soin délicat à la phrase qu’il extrait de son esprit et pose sur la page, et la plus crue des scènes romanesques devient un érotisme de syntaxe. Il est peintre aussi ; et ce livre est un va-et-vient entre l’objet peint (reproduit en une suite nommée « inscriptions lunaires ») et l’objet écrit ; se répétant « je peins », l’auteur transforme l’ensemble en une pensée sensuelle de la phrase célèbre d’Horace : ut pictura poesis. L’objet du désir de peindre, d’écrire, est une esclave, nue, offrant lascivement son corps à son futur maître, « tu cernes ma silhouette de craie / tu choisis pour maître / le plus modeste / j’abuserai dans la lenteur ». Une ardente relation s’établit alors, entre le sujet et l’objet, qui n’est pas sans rappeler celle qu’on perçoit dans le tableau Le Marché d’esclaves de Jean-Léon Gérome. Jacques Abeille appose à son phrasé un rythme patient, comme un maître qui examinerait attentivement sa future possession, jusqu’au plus profond de l’âme ; l’érotisme est lenteur. La phrase voile le corps de l’objet, les blancs typographiques dévoilent l’« offrande lumineuse ».