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Par un mouvement de colère

Ricardo Flores Magón : utopie et mythe du communisme au Mexique (1908-1922)

Ricardo Flores Magón : utopie et mythe du communisme au Mexique (1908-1922)

 Americo Nunes

L’Echaudée n°2, hiver 2012.

(extrait) (Les liens dans le texte renvoient vers Wikipedia)

Dans un premier temps, Flores Magón, considérant les communautés L-echaude-2_80pxindigènes, prenait en compte la réaction spontanée, «instinctive», de celles-ci à l’industrialisation, y compris dans certaines zones, comme Morelos, où opèrera Emiliano Zapata à partir de 1911, et où fut installée une industrie sucrière, très moderne, technologiquement parlant. Avec le développement du capitalisme, nombre des membres de ces communautés se prolétarisent, en devenant ouvriers agricoles. Organisation et évolutions naturelles, héritées d’un passé ancestral, Magón, le signalait clairement : «Il y a jusqu’à vingt cinq ans, les communautés vivaient dans le « communisme primitif.» Et c’est cela qui va être détruit par le capitalisme.

C’est que, justement, au cours de ces vingt-cinq années, le capitalisme, sous l’impact d’investissements massifs du capital étranger au Mexique, tend, d’un côté, à l’expropriation massive des communautés paysannes, et de l’autre, à la production d’un «prolétariat industriel», dans les secteurs de pointe, où il s’implante et se modernise, en modernisant en même temps certains secteurs de la société globale. Et ce n’est nullement par hasard si Magón, en exil aux États-Unis, où il restera jusqu’à sa mort tragique en 1922, et sous l’influence du «communisme industriel» des IWW et de ses contacts intenses avec d’autres anarchistes de Mother Earth réunis autour d’Emma Goldman et d’Alexandre Berkman, va s’adresser essentiellement au prolétariat ouvrier-agricole mexicain, lui aussi en grande partie syndiqué par les IWW, les braceros du sud des États-Unis – les ouvriers-paysans immigrés – et aux prolétaires de Tampico, aux cheminots, aux dockers, aux ouvriers de l’industrie du textile moderne. Nous y reviendrons un peu plus bas.

Il est évident que pour lui, le communisme ne sera pas le résultat immanent d’un processus évolutif et graduel, mais d’un grand conflit : une mise en abîme du temps linéaire, ouvrant sur la rupture violente et la dislocation abyssale de la temporalité historique. Magón cherche à s’assurer la solidarité internationale du prolétariat mondial, conscient que la Révolution Sociale en cours peut constituer un pas en avant «pour la lutte universelle contre le Capital et l’Autorité.» Tandis que le mouvement révolutionnaire mexicain, le madérisme, le carranzisme, ou l’obregonisme, s’avèrent être des courants puissamment nationalistes, et anti-impérialistes à l’occasion, contre le Capital de l’étranger nord-américain avant tout, nous pouvons résumer la grandeur de Magón et sa tragique solitude en ce qu’il prône, lui, la communauté internationale des égaux «sans patrie, ni frontières». Pour Magón, la patrie, c’est la Terre, celle de l’origine, la Terre-Monde. Comme le dit si bien le titre du très beau livre de Javier Torres Parés : La revolución sin frontera. […].

La suite de l’article d’Americo Nunes est à lire dans le n°2 de l’Echaudée.

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Written by barthelemybs

22 février 2013 à 14 h 33 min

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