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Par un mouvement de colère

Archive for septembre 2011

Poezibao (31 août 2011)

Par Samuel Macaigne

Cabanel-ivresse On ne cesse plus d’instruire le procès du surréalisme. Tout témoignage à charge semble délivrer un passeport en règle dans le monde des lettres, un brevet d’écrivain correct et propret. Faire de ce qui fut sans doute bien plus qu’un mouvement une sorte de dictature, qui a sévi pendant un demi-siècle, revient à effacer tout un mode d’existence. Bien entendu, l’écriture automatique nous tombe des mains. À peine peut-on la qualifier de poésie tant elle perd vite de sa saveur, tant elle est bridée par le seul culte de l’image. Mais c’est oublier un peu trop vite l’élégance aristocratique de la prose chirurgicale d’André Breton. C’est surtout occulter complaisamment l’enthousiasme qu’a pu apporter cette invasion du banal par le merveilleux, en partie par la (re)découverte d’une portion congrue du passé littéraire. À l’évidence, le mouvement est aujourd’hui enterré, mais quelques feux follets s’échappent encore du charnier.

Guy Cabanel (né en 1926) est de ces éléments attachants qui composèrent chacun à leur façon la deuxième génération, d’où s’envolent les noms de Jean-Pierre Duprey, Stanislas Rodanski ou Claude Tarnaud. Déboulant sur scène avec sa théorie de la « sodomisation des mots », il la met en œuvre dans son fameux A l’Animal noir. Les présents recueils ne sont certes plus de la même vigueur, mais ils laissent à ceux qui n’oublient pas le loisir de quelques bouffées d’une fragrance bientôt évanouie.

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Written by barthelemybs

6 septembre 2011 at 11 h 39 min

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